Les billets du hérisson sagace

           Propos d’un hérisson sagace

La frayeur du Hérisson sagace

J’ai reçu une alerte sur « Whatshéri », l’application pour les hérissons, car des individus chassaient mes confrères dans les parcs publics de la ville et les cuisinaient en faisant des vidéos de leurs recettes. Au barbecue, à l’étouffée (Sic) ou au champagne, j’allais finir en civet pour restaurer une famille au repas de réveillon, moi le hérisson sagace… J’ai paniqué et je me suis précipité à la maison du peuple pour me réfugier au milieu des personnages de la crèche provençale, espérant ne pas être repéré par ces êtres « barbarissons », bénéficier de la présence de fragiles santons d’argile et du public venu en nombre pour les admirer, d’autant plus, que ces « hérissonidaires » ont été relâchés sans poursuites…

A l’hôtel de ville, on m’a indiqué qu’il n’y avait pas de crèche et que je devais partir. Mais l’animal protégé, c’est moi !

Et la tradition séculaire du monde occitan ?

Et l’avis du conseil d’Etat de 2016 qui les autorise dans les bâtiments publics lorsque les crèches présentent un caractère culturel, artistique ou festif ?

Où je vais me réfugier, moi ?

C’est un comble que d’habiter dans la seule mairie qui n’a pas de crèche provençale à la période de Noël !

Puis Whatshéri a de nouveau vibré et j’ai appris que les faits s’étaient produits très loin d’ici et que le risque était désormais passé. En repartant, j’ai croisé une personne ceint d’une écharpe qui apprenant mon aventure m’a déclaré :

««« Mon avis sur les crèches dans nos Mairies ? Je vous le dis sans détour, je ne vois pas pour quelles raisons, notre tradition qui date du XVIIIe n’y trouverait pas sa place. La crèche provençale, on y trouve tous les personnages caractéristiques de la vie d’un village. Les provençaux, attachés à leurs coutumes, installent dans chaque maison leurs santons avec beaucoup de bienveillance, très souvent avec les enfants et les petits enfants. C’est culturel, artistique et festif. Et pourquoi ne pas interdire les jeux de cartes dans les CMA de la Ville pendant qu’on y est ? Vous me trouverez toujours à vos côtés pour défendre la République, nos traditions et aussi les hérissons ! Et faï cagua, ceux qui n’ont rien compris !»»»

Si j’ai parfois des doutes sur l’espèce humaine, après cette rencontre, je crois qu’il existe des gens intègres, sensés et honnêtes.

Passez de bonnes fêtes en famille et bon bout d’an et à l’an qué vèn ! 

Notre Hérisson rencontre PRUNE

«  » »Connaissez-vous Prune ?

Aujourd’hui, j’ai fait une rencontre insolite et vous en narre les tenants et aboutissants. Alors que je vaquais à mes occupations habituelles, je tombe museau à museau avec une furette ! « Que faites-vous là mademoiselle ? » « Bonjour, je m’appelle Prune et on m’a embauché pour chasser les ESOD marseillais ». « Les qui ? ». « Les espèces susceptibles d’occasionner des dégâts, en fait le rat dont je suis le prédateur ancestral en France ». « Mais Madame, il n’est pas seul le rat, ils sont des millions ! Et il est d’abord marseillais ! ».

« Et où résidez-vous ? ». «  J’arrive du Gers et je repars dès que j’aurai terminé ma mission de capture écologique ». «Le fini-parti en quelque sorte ! Désolé ma douce, mais je ne connais pas Du Gers ? ». « C’est un département à la campagne situé à 500 kilomètres environ mais je vous rassure, je suis venue en camionnette ! ». « Au diesel ?, pas très écologique tout ça. Vous n’auriez pas des cousins plus proches d’ici pour faire ce travail ? »  « Bien entendu mais moi et ma troupe, nous sommes une trentaine de furets, nous sommes des spécialistes ! ». « Ha des spécialistes de la campagne pour chasser le rat de la Ville ! Et en surmulot, vous vous y connaissez ? ». « Je ne connais pas cette espèce, C’est un rat ? ». « Le surmulot est au rat, ce que la chocolatine est au pain au chocolat ! ». « Et bien, ma chère, je vous souhaite bien du courage car vous allez en faire des allers et retours pour éradiquer le rat de Marseille. Cette ville a XXVI siècles et jamais personne n’y est arrivé. C’est un rat des villes qui connait parfaitement son environnement et ses habitants. Il est ancré dans la cité et en est un symbole. Marseille sans rats, c’est une bouillabaisse sans rouille, un vieux port sans Ferry Boat, des rues sans déchets ou sans voitures ventouse, des trottoirs sans motos ou trottinettes, bref une ville sans âme. Et d’ailleurs, à Marseille, n’y a t’il pas d’autres urgences avant de s’occuper des rats ? Comme son ami le gabian, le rat devrait être inscrit au patrimoine historique de Marseille ! »

En guise de salutations pour nous séparer, je lui ai chanté : « il court, il court le furet » mais elle n’a pas saisi la contrepèterie… une furette des champs, je vous dis ! » » »

 

 

Notre Hérisson rencontre un canard de Borelly

Lorsque vous dormez, moi je me déplace pour trouver ma subsistance et je parcours les rues du quartier. Je suis étonné de voir autant de saletés sur les trottoirs et les chaussées, tant de voitures ou de motos ventouses, de graffitis sur les murs, de trous ou d’obstacles sur les trottoirs et de constater toutes les incivilités qui touchent ce quartier et la ville. Je ne parle même pas des automobiles et des motos qui circulent à des vitesses folles en provoquant un bruit assourdissant. J’ai pensé acquérir un gilet fluorescent pour ne pas me faire écraser, moi qui suis si petit !
Longtemps je me suis étonné de cette situation et j’ai interrogé des amis qui m’ont dit : « C’est à cause du canard ! C’est le syndrome du canard !
Je me suis donc rendu à Borély fermement décidé à rencontrer un canard et de lui demander des explications sur tous ces désordres qui sont inadmissibles. Sur place, j’ai été reçu par le plus vieux des canards qui m’a expliqué : « « « Mon cher ami, aucun canard n’est responsable de cette situation. Le syndrome du canard est une allégorie du déclin et de la tendance à s’habituer à la médiocrité dans une organisation qui s’effondre inéluctablement. Amplifié par le consumérisme et l’individualisme exacerbé, il se renforce chaque jour, tel un ouragan avant d’atteindre les terres, Ainsi le dysfonctionnement devient la norme et précipite tout dans la médiocrité et le chaos. Il a fallu un simple défaut, jugé acceptable sur une pièce coûtant 1 dollar pour que la navette Challenger explose en vol.» » »
Puis il m’a cité d’autres exemples du quotidien et j’ai compris qu’effectivement, les canards n’y peuvent rien si les hommes et les organisations s’opposent sans cesse, avec force et virulence alors qu’ils devraient oeuvrer pour l’intérêt général et le bien commun en se remettant en cause. Ainsi nos vies seraient plus sereines dans une ville apaisée et solidaire.
Selon vous, notre société cahotante, souffre de quels défauts ?

 

 

 

L’apaisement du littoral vu par le HERISSON SAGACE

En m’installant dans le 8ème pour mes vielles nuits,

(je suis un animal plutôt nocturne),

je me suis dit :

 « Tu vas pouvoir en profiter un peu et rester au calme »».

En plus j’étais bercé par les mots rassurants que j’entendais et qui évoquaient l’APAISEMENT à toutes les sauces : de la circulation, du littoral, des plages, des parcs et jardins, des noyaux villageois, des rues, des places, des transports,…

Je n’avais jamais entendu ce mot auparavant et je m’y suis intéressé. Calme, paix, quiétude, soulagement, tranquillité et sérénité seront désormais mon quotidien.

Mais le réveil a été brutal et d‘apaisement, je n’en ai pas encore trouvé :

Festivals bruyants dans les parcs, circulation intense et polluante, rues encombrées, places submergées, trottoirs impraticables, déchets sur tous mes lieux de passage, occupations des plages.

Des dizaines et des dizaines de semi-remorques déversant des matériels que des engins de levage à grands renforts de bip bip et de gas oil transportent dans la poussière des parcs pour monter des scènes où des musiques bruyantes seront émises pendant des heures, empêchant le repos de ceux qui ne profiteront pas d’une nuit plus fraîche car ils fermeront la fenêtre pour tenter de ne pas les entendre et pleureront de ne pas avoir un simple climatiseur…

Est-ce bien cela ce qu’on appelle APAISEMENT…

Faire venir des centaines de milliers de touristes sur un littoral déjà saturé au mépris de ceux qui y vivent, y travaillent et y élèvent l’avenir du territoire pour de maigres et illusoires retombées,

C’est çà l’APAISEMENT ?

Il faut bien réfléchir pour ne pas galvauder le mot apaisement et qu’il ne soit pas à sens unique.

HOMMAGE A POLO LE POULPE

Il nous a quittés !
Pourtant il faisait la fierté du parc de Bagatelle où il avait été installé en grandes pompes avec tous les honneurs de la municipalité.

Moi, je l’aimais bien. Au début, c’est vrai qu’on avait du mal à communiquer et on ne savait pas à qui on avait à faire. Mais avec le temps, je l’ai apprécié. Jamais une critique, jamais une intonation réprobatrice, toujours un mot gentil.

Au service des autres et de l’environnement.

Il en a vu des choses, surtout porté et certaines étaient peu ragoutantes.

Mais le 13 juin, on l’a embarqué comme un mal propre pour l’envoyer à l’autre bout de la France. Lui qui retenait nos déchets, va désormais côtoyer des chais.

En effet, à Bordeaux, il va changer d’environnement.

Cette ville est si propre qu’on n’a pas été en capacité de trouver des ordures et de créer son petit frère.

Il a fallu que Marseille montre une fois de plus l’exemple !

Il nous a quittés dans une grosse camionnette qui consomme du 25 litres de diesel au cent. J’espère qu’il y restera car le retour va coûter plus cher encore et son empreinte écologique va se dégrader un peu plus.
Ici, on pourra toujours fabriquer ses cousins car les détritus ne manquent pas dans nos rues, sur nos plages et dans la Mer.

POLO le Poulpe, je t’aime !

 

 

Concurrence déloyale

Alors que je commence à avoir une petite notoriété dans mon quartier d’adoption, voilà qu’on m’impose une concurrence déloyale, ça suffit ce cirque !

Certes, je n’ai rien contre mon cousin éloigné car ce n’est pas complètement de sa faute. Cousins, oui nous le sommes. En effet, si Hérisson commence par un H, hippopotame aussi ! De très loin et de nuit, on se ressemble. De près et de jour, on ne peut pas nous confondre. Lui adore l’eau et moi, je l’abhorre. Si vous connaissez la légendaire utilité du hérisson au jardin, découvrez l’efficacité du l’hippopotame dans le labourage. On se complète parfaitement. Et j’apprends que Jumbo, c’est son prénom, a joué les vedettes sur les plages du Prado pendant toute la journée et a fait la une de l’actualité et de la presse. Bien sûr qu’il a d’autres collègues dans son cirque, des tigres, des dromadaires, des zèbres mais c’est Jumbo qu’on préfère.On vante sa taille, son poids, son âge. Mais la face cachée de cette belle histoire est bien plus rude. En fait, Jumbo est enfermé depuis sa naissance, il y a trente six ans et ses conditions de vie ne sont pas celles d’un hippopotame en liberté, qu’il ne connaît pas. A peine le temps de se défouler et retour immédiat au camion ! Depuis plusieurs années, il est recherché par la justice qui souhaite le transférer dans un sanctuaire africain. Autorisé ou non, on a pédalé toute l’après-midi dans un imbroglio et un quiproquo municipalo-administratif relayé par les reporters du gabian pour interdire l’installation de ce cirque. Finalement Jumbo a quitté Marseille et il restera captif encore quelques temps… Je préfère ma vie de hérisson !

 Sauvons les antivols abandonnés dans nos rues ! »

«  »  » A chacune de mes promenades, je fais le vœux de les comptabiliser mais souvent, je n’ai pas assez
de doigts pour les compter et je perds le fil de mon calcul mental tant ils sont nombreux. En fait, ils sont partout ! Pas un endroit de cette ville n’est épargné par cette colonisation sourde.

Sont-ils 1000, 10 000, 100 000 ou plus, personne n’en sait rien car aucun marseillais et encore moins un service quelconque de la ville ou de la métropole, n’a jamais entrepris de les estimer au moins, de les chiffrer ou de les inventorier. En tout cas, ils existent. Enfin, c’est beaucoup dire qu’ils existent car ils se trouvent dans une fâcheuse posture, telle l’huitre accrochée à son rocher. Parfois agglutinés à plusieurs, ils végètent, ils attendent patiemment leur maître comme des chiens fidèles pour enfin servir. Mais c’est souvent le goût amer de l’abandon qu’ils doivent ressentir, cette odeur si particulière de rouille qui les embaument avec le temps. En effet, la plupart ne seront jamais récupérés et finiront dans l’oubli de notre société consumériste. Ils disparaîtront peut être au hasard des travaux de voirie, de la requalification d’une rue ou d’accidents impromptus.
Certains resteront pour l’éternité si on ne fait rien pour les déloger. Contrairement aux animaux domestiques, il n’existe pas de SPA pour eux ! Aucune communauté, aucun groupe ne s’y intéresse et en plus, ils sont totalement anonymes et personne ne les respecte alors qu’ils ont tant donné durant leur vie active. Sans doute que des artistes pourraient les récupérer et en faire des œuvres d’art. A défaut, ils pourraient être recyclés et retrouver un autre usage. Mais rien ne se passe pour eux comme tant d’autres choses dans cette ville.

« Sauvons les antivols abandonnés dans nos rues ! »

Aujourd’hui, le hérisson s’agace (avec un accent) !

Moi, j’ai horreur de me mouiller les pattes.

Pourtant, je suis bien obligé de le faire lorsque je circule dans notre quartier, en passant devant certains immeubles dont le trottoir est inondé alors qu’il ne pleut pas. La faute à certains résidents peu scrupuleux qui laissent s’écouler leurs climatiseurs dans la rue.

Mon copain la Fouine s’est renseigné et il a appris que cela était interdit par un règlement communal qui remonte à plusieurs années déjà.

Il en a parlé aux autorités, mais on lui a laissé entendre que ce problème n’était pas prioritaire. En attendant, le problème demeure, je me mouille les pattes et je déteste. Heureusement qu’il ne gèle pas souvent à Marseille, sans quoi, c’est la patinoire assurée !

Je vous dirais bien que cela me met en boule…mais, pour un hérisson, quoi de plus normal ?

 

La Fracture numérique agace notre Hérisson

«  » » Moi qui ne suis qu’un hérisson, je dois dire que ma vie a changé depuis qu’on m’a décelé une fracture. Oh point de radio, point de scanner, ni d’IRM pour la détecter. On m’a simplement posé la question suivante : « T’es Facebook, Insta ou Tik Tok ? ». Un peu gêné, j’ai répondu que je n’étais ni bouc, ni sta, ni toc mais que j’étais un hérisson !… On m’a donc immédiatement transporté à la clinique informatique pour réparer ma fracture numérique. Depuis, je surfe avec ma souris et je « tchate ». Sur mon PC, j’écoute souvent « La Fouine » et j’ai même rencontré une gentille hérissonne sur « mes tiques » qui accepte de me passer sa puce. Décidément, la vie de hérisson sans fracture numérique m’a ouvert la voie à d’autres horizons ! Et vous? » » »

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